Prophète Emmanuel Ndzoma: le symptôme pas le problème

Le Gabon est un pays ouvert à toutes sortes d’incantations. Des pasteurs aux ngangas, les gabonais sont soumis à un rythme infernal et nos femmes et mamans exposées à toutes les prédations. Le prophète Emmanuel Ndzoma a commis l’erreur de faire ce qui a été identifié comme un tour de magie : Faire pousser un ventre et dire qu’il offrait une grossesse de trois mois à une femme qui avait des difficultés à enfanter. Le spectacle était si terrifiant que les autorités gabonaises n’avaient aucun autre choix que de l’arrêter.

Auparavant, le prophète Emmanuel Ndzoma s’était déjà illustré par une vidéo dans laquelle il affirmait qu’un deuxième Gabon serait en train de se mettre en place. Il disait avoir des prophéties et que des manœuvres seraient en cours pour la récupération du pouvoir des mains d’Ali Bongo Ondimba. Il poursuivait en disant que le prétendant au trône serait un jeune du sérail mais que le sang des gabonais était réclamé en sacrifice. Enfant il poussait et demandait que le Chef de l’Etat, qui n’a eu la vie sauve que grâce à la volonté de Dieu à la suite son AVC, se repente et demande la clémence du Très Haut.

Il faut dire que ces paroles éraient très osés de la part d’un homme de Dieu qui réside sur place au Gabon. Si Emmanuel Ndzoma a eu l’indélicatesse de créer une grossesse de toutes pièces par sa force mystique et spirituelle, il n’en demeure pas moins que c’est la précarité et le désespoir qui poussent en majorité les gabonaises dans les bras des faux pasteurs. Personne ne saura si ce qu’Emmanuel Ndzoma a dit est avéré mais il y a, plus largement, une urgence à réglementer le secteur des églises dans notre pays.

C’est pour cela que nous pensons que le cas Emmanuel Ndzoma doit être le parfait prétexte pour que le Ministère de l’Intérieur mette de l’ordre dans la création des églises. D’abord, il nous semble dangereux d’ouvrir ce domaine de la manipulation des esprits à des expatriés dont les états de services ne sont pas connus dans notre pays et dans la communauté chrétienne en général. Manipuler les âmes et esprits, ce n’est pas conduire un taxi. Il faut déjà se méfier des marchands de tapis, venus d’autres cieux. Ensuite il faut regarder qui peut créer une église en territoire gabonais et trie le faux du vrai.

Mais comme le pays est devenu un dépotoir ou l’on n’a plus le droit d’avoir des domaines réservés, les autorités compétentes seront pieds et mains liées. Il n’y a dans ce pays aucun ministre qui oserait réserver quoi que ce soit aux gabonais. Si ce courage émergeait de quelqu’un, il serait renvoyé du gouvernement comme un malpropre et jeté en prison.