Révélations de Patrichi Tanasa : la fin est-elle proche pour le régime Bongo-PDG ?

Les gabonais ont assisté ahuris au grand déballage orchestré par l’ancien Administrateur Directeur Général (ADG) de Gabon Oil Company (GOC), Christian Patrichi Tanasa. Jamais de mémoire, le pouvoir n’avait autant été mis à l’index dans ce qu’il représente en termes de pratiques de gouvernance.

Des milliards de Francs CFA, qui se partageaient indument, pendant que le peuple gabonais tout entier roule dans la misère. Si ces révélations sont la réalité de ce qui s’est fait, il y a lieu de dire que nous sommes face au plus grand scandale de corruption jamais orchestré dans notre pays et tout le monde y a participé.

Selon M. Patrichi Tanasa, la Fondation Sylvia Bongo Ondimba aurait reçu la somme de 150 millions de Francs CFA, à chaque édition d’octobre rose. Et un soutien particulier avait été fait à la première dame elle-même de 400 millions de Francs CFA, sous les appels insistants de l’actuel porte-parole du Président Jessye Ella Ekogha, de l’ancien porté-parole Ike Ngoupni et enfin de lancien Directeur de Cabinet du Président Brice Laccruche Alihanga. Ces déclarations de l’ancien ADG de la GOC, relayées par SOS prisonniers Gabon, ont tout de suite suscité la réaction de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba, du nom de la première dame du Gabon.

Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, la Fondation (FSBO) nie toute implication dans une telle forfaiture et menace les auteurs de ce récit de poursuites judiciaires. Toutefois, elle reconnait avoir perçu de la GOC, plutôt deux fois 5 millions de Francs CFA, soit un total de 10 millions de Francs CFA.   

L’opinion nationale, au regard de la version déclinée par la FSBO, ne semble pas être convaincue et les gabonais expriment dans leur majorité leur colère devant ces agissements d’un autre temps.

L’ancien ADG Patrichi Tanasa parle également d’un bonus spécial issu des recettes pétrolières que le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba aurait accordé lui-même à quelques-uns de ses collaborateurs. On y découvre par exemple que Brice Laccruche Alihanga (BLA) recevait plus d’un milliard de Francs CFA, Nourredin Bongo Valentin la même somme, Patrichi Tanasa percevait 400 millions de Francs CFA, de même que l’ancien ministre du pétrole Noël Mboumba.

Les sommes sont vertigineuses et le scandale encore plus grand. Comment peut-on impulser une vision de restriction budgétaire et accorder de tels bonus à ses collaborateurs ? la vision d’Ali Bongo se trouve être cabossée par ces révélations, si toutefois elles étaient vraies.

Ce procès de Patrichi Tanasa, ancien ADG de la GOC, est lourd de conséquences pour le pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. La rupture déjà consommée entre les gabonais et le régime se trouve être renforcée. Les gabonais sont alors convaincu qu’au lieu d’être dans une République ou les droits de tous sont garanties, il s’agirait beaucoup plus d’une mafia au pouvoir, qui, à chaque scandale, révèle toutes ses facettes.

Quelle vision peut-elle être désormais vendue au gabonais ? Peut-on encore croire en la capacité d’un tel pouvoir de se ressaisir ? Le Gabon qui est empêtré dans d’énormes difficultés financières, a besoin de se renouveler dans son leadership et ce n’est pas avec l’équipe en place que ce saut qualitatif sera possible.

Il est temps que les Bongo et le régime Bongo-PDG libère le Gabon pour laisser la place à un autre gabonais qui serait capable de diriger ce petit pays de 2 millions d’habitants. Affaibli par la maladie, la mauvaise gestion de son entourage et de ses principaux collaborateurs, Ali Bongo ne peut plus, selon l’opinion nationale, être le Président du Gabon. Le PDG gagnerait à le comprendre.

Une histoire qui avait pourtant bien commencé entre 2009 et 2012, a pris des proportions dangereuses pour l’économie du pays et sa crédibilité. Les signes de la fin sont là, Ali Bongo n’a plus le pouvoir, il n’a plus l’autorité nécessaire pour inspirer une gestion plus juste du pays. Chacun se sert désormais, le sachant fatigué et incapable vérifier quoi que ce soit. Il faut refermer la parenthèse d’une histoire qui a tant fait souffrir les gabonais.