Affamés depuis 2 ans, les artistes gabonais acceptent les miettes du PDG

Précarisés par le pouvoir en place pendant deux ans pour cause de coronavirus et sans subvention, les artistes gabonais qui ont accepté de chanter au concert organisé par le Parti Démocratique Gabonais à l’occasion de la célébration de son 54e anniversaire, ont été violemment pris à partie sur les réseaux sociaux. Les gabonais considèrent d’accepter de faire une prestation au nom du PDG comme une trahison, une humiliation.

C’est d’abord Créol la fantastik qui est montée au créneau pour assumer sa participation à ce concert et dire qu’elle avait bien l’intention de faire son travail si le cachet payé par le PDG était intéressant. Selon Créol, elle ne voit pas pourquoi elle ne chanterait pas à ce concert. Au passage, l’artiste gabonaise a indiqué qu’aucun opposant gabonais en l’occurrence Jean Ping, n’a jamais organisé un concert et elle est presque sûre que cela n’arriverait pas.

La toile reproche aux artistes gabonais leur amnésie et complaisance avec le pouvoir gabonais qualifié de liberticide. « C’est ce même pourvoir qui n’a jamais donné les droits d’auteurs aux artistes et qui a interdit tout spectacle alors que dans les autres pays, la culture continuait de fonctionner ». Arnold Djoud lui aussi a défendu la liberté des artistes à chanter n’importe où, pourvu que les conditions financières soient réunies. « Les internautes attendent des artistes de prendre position et de dénoncer les injustices en cours dans le pays au lieu de se soumettre en allant prendre des miettes lors d’un concert du parti au pouvoir » a écrit un influenceur gabonais. Triste réalité.