Akim Daouda et le FGIS: Un fonds de 200 milliards aux missions floues et pas mesurables 

Crée en 2012, avec pour mission d’investir pour la concrétisation d’une prospérité partagée au Gabon, le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques est de notre point de vue loin du compte puisque la mission elle-même est si générique qu’il paraît difficile de quantifier et d’évaluer les résultats de cette nébuleuse. 

Le fonds gabonais d’investissements stratégiques est censé prendre des participations dans des entreprises au potentiel énorme. Il s’agit de mener pour le compte de l’état des opérations utiles et rentables. Sauf que depuis sa création et ce jusqu’à présent, personne ne sait rien des activités de ce fonds à part les déclarations vides d’intérêts qui annoncent que le fonds appartiendrait désormais à un groupe d’autres fonds internationaux, un peu comme s’il recherchait simplement le prestige. 

Qu’en est-il de sa mission ? Combien de prises de participation dans l’intérêt de l’état ? Quellle rentabilité à ce jour ? Des questions qui ne trouvent pas de réponses dix ans après la création du FGIS. Pour certains gabonais donc un professeur d’économie, il s’agirait d’une planque d’argent servant les intérêts de quelques-uns au sein du pouvoir gabonais. Imaginons que le fonds ait investi à la bourse et qu’il ait eu grâce à cet investissement un retour conséquent, qui en saura quoi ? Personne. Une certaine opacité entoure les activités de cet établissement et même les hommes et femmes qui y sont employés ne donnent aucune garantie sur leurs formations et surtout leurs compétences à diriger un tel fonds. Où ont-ils travaillé avant et quels ont été leurs résultats dans ces structures ? Autant de questions qui pourraient rassurer l’opinion.

Pour l’instant, à la tête de 200 milliards de francs CFA et après une dizaine d’années de fonctionnement, nous sommes en droit de demander à l’actuel directeur général Akim Daouda de nous présenter le bilan de l’établissement dont il a la charge, pour que l’opinion se rende compte des résultats et de l’utilité d’un tel fonds pour l’économie gabonaise.

Que ceux qui tenteront de se livrer à un tel exercice soient bien précis sur la rentabilité mesurable du fonds et non les chimères sur des réformes pompeuses et vaines. 10 ans après, on ne peut pas venir nous présenter des réformes mais plutôt les résultats desdites réformes. Si ce n’est pas cela, il faudra donc qu’une enquête parlementaire soit diligentée pour bien comprendre l’orientation du management du FGIS. Il est bon de rappeler que la dernière enquête parlementaire sur l’utilisation des fonds Covid-19 ne s’est pas soldée par un non-lieu pour les gestionnaires des fonds de la crise sanitaire. Que ceux qui ont les oreilles entendent.