Mami-Wata: entre légende et fresque réaliste de notre société

Belle œuvre artistique pluridisciplinaire déja auréolée de deux distinctions majeures, l’une au Fespaco et l’autre comme meilleure série du Festival Écrans Noirs, le feuilleton Mami-Wata de Samantha Biffot nous parle aussi de nombreux espoirs et travers de la société gabonaise. Non sans appeler le téléspectateur à une lecture beaucoup plus introspective qu’il n’y paraît.

Récit d’une quête ou recherche de réconciliation avec un passé aux zones d’ombre troublantes faisant du présent un véritable supplice, la série proposée par Samantha Biffot apparaît en tout cas captivante de par les rebondissements qui en ponctuent le scénario. Olewina Aworet, qui en est le personnage principal incarné par une Olivia Biffot magistrale, est aussi un peu chacun et chacune de nous. Etant entendu que toute vie humaine est un voyage jonché de tourments successifs et imprévisibles. Notamment et surtout lorsque ceux-ci tirent une partie de leurs origines dans une antériorité aux maintes séquences mystérieuses.

Bâtie sur une légende populaire quasi-continentale, que d’aucuns estiment toutefois digne de croyance, « Mami-Wata, le mystère d’Iveza » ne se révèle pas moins une fresque peinte au pinceau acide des réalités sociales et societales gabonaises. Laxisme de certains agents commis en principe à l’élucidation des faits délictueux, enlisement d’enquêtes du fait de ces fonctionnaires peu exemplaires, manipulations et dérives charlatanesques, corruption et voie de faits de la part de politiciens vereux, grossesse précoce, fétichisme, etc, sont autant de traits de notre société mis en exergue par la cinéaste Biffot dans cette série au suspens séduisant.

Dans cet effort de réalisme, le souci d’authenticité n’est nullement en reste. Du moins à en juger par le choix judicieux des décors et paysages, à la beauté desquels s’ajoutent des dialogues reprenant parfaitement nos habitudes quotidiennes de langage et de communication oraux. Un coup de chapeau également à l’aspect purement technique constaté au fil des scènes et du déploiement de l’intrigue. Musique, sons divers et lumières sont au rendez-vous de l’excellence que semble particulièrement affectionner notre tout aussi excellente réalisatrice.

Quel sera le fin-mot de cette histoire épique, miroir de nos atouts, de nos manquements et de nos espérances contrariées? Pour le savoir, regardez tout simplement le reste des épisodes!