Analyse de Jean Valentin Leyama sur la paupérisation du peuple gabonais 

Voici un texte qui a le mérite de nous éclairer sur la gouvernance du pays en ces temps de crise sanitaire où les riches se sont enrichis et les pauvres sont devenus des indigents. Dans son intégralité: 

Très sincèrement, comment peut-on avoir solennellement fait le sermon de ne devenir heureux que quand les Gabonaises et les Gabonais seront heureux et chaque jour prendre des mesures qui asphyxient la population déjà durement éprouvée à cause de crise sanitaire.
Cette crise, rappelons-le, se traduit par des fermetures d’entreprises, donc des milliers de Gabonais au chômage qui s’ajoutent à plusieurs milliers de jeunes diplômés en chômage de très longue durée. Les activités de survie, elles aussi, en pâtissent lourdement.

Voilà que coup sur coup, en échange de on ne sait quel certificat de bonne conduite à l’international, les autorités poussent à la vaccination obligatoire en augmentant le coût des tests PCR de 0 F à 20.000 F pour les tests ordinaires et de 20.000 F à 50.000 F pour les tests VIP, renouvelables tous les 14 jours, au grand bonheur de la Startup COVID_business dont le chiffre d’affaires va battre des nouveaux records en plusieurs milliards s’il vous plaît ! Inutile de demander où va cet argent, même l’Assemblée nationale n’y est pas parvenue. 

Parallèlement, les conditions de prise en charge des malades du COVID laissent très sérieusement à désirer et expliquent, en grande partie, on ne le dit pas assez, la forte mortalité attribuée malhonnêtement à la férocité du variant. Entre les ruptures d’approvisionnement en oxygène, les scanners et examens à répétition à faire dans des structures privées, les ordonnances kilométriques, toutes dépenses non prises en charge par la CNAMGS, si vous ou votre famille ne parvenez pas, dans cette situation de détresse sociale, à réunir entre 1,5 et 2 millions minimum, priez le Seigneur ! 

Et surtout, surtout, ne tombez pas en détresse respiratoire en province, le manque d’oxygène dans les centres hospitaliers régionaux y est criard et les évacuations en hélicoptère médicalisé vers la capitale coûtent entre 5 et 7 millions, à la charge du malade et sa famille, c’est-à-dire hors de portée du l’écrasante majorité qui n’a d’autre choix que de se résigner à la mort.

Comme si la coupe n’était pas pleine, voilà que dans la loi de finances 2022, au prétexte de financer la gabegie des collectivités locales, à l’exemple de la commune de Libreville, le Gouvernement instaure une Contribution Foncière Unique (CFU), une taxe sur les propriétés bâties et non bâties applicables à tous. Aux milliardaires de la Sablière et d’Akanda comme aux Makaya qui survivent dans des bicoques en planches dans les mapanes. Pis, même les villageois ne sont pas épargnés.
Qu’est-ce à dire ? Vous avez construit ou non sur votre terrain, en ville ou au village, vous payez !
De surcroît, cette taxe s’ajoute à une autre, plus ancienne d’application, la Taxe Spéciale Immobilière sur les Loyers (TSIL).

Cette pression fiscale supplémentaire (elle s’ajoute aux taxes sur l’eau et l’électricité et sur les ordures ménagères prélevées sur les factures SEEG) dans un contexte où se pose la question de la gouvernance financière de notre pays, de la corruption et des détournements (où va tout cet argent au regard de l’état des infrastructures et des services sociaux de base ?)
Ce sont des questions d’une extrême gravité qui transcendent les clivages politiques. Personne n’est épargné, pas même les pdgistes et les atalakous professionnels.
Heureusement pour nos gouvernants que le vote populaire ne compte pas dans leur volonté de se maintenir coûte que coûte au pouvoir sinon quelle sanction ça sera en 202 ! 
PS. L’audition des ministres commence demain à l’Assemblée nationale mais je ne me fais pas d’illusions.

Le 28 octobre 2021, Jean Valentin LEYAMA