SEEG: Une communication de crise frisant le « mépris »

Alors que les populations du Grand Libreville sont sévèrement sevrées d’eau et d’électricité depuis la soirée du dimanche 24 octobre, l’opérateur monopolistique chargé d’assurer au public les services essentiels concernés se mûre dans un silence des plus irrespectueux à l’égard de sa clientèle. Nonobstant un communiqué « squelettique » et plus que laconique.

Depuis les délestages constatés il y a déjà 24h, dont le « coup d’envoi » effroyable a vu la capitale gabonaise et ses communes voisines être totalement plongées dans les ténèbres des heures durant, certains citoyens se surprennent à regretter l’opérateur français Veolia. Tant, en dépit des insuffisances criardes de sa gestion de la SEEG pendant deux décennies, celui-ci avait le souci constant de communiquer à l’égard de ses usagers.

Ce besoin permanent d’explication, qui pouvait être parfois observé sous la forme de justificatifs plus ou moins alambiqués, traduisait, quoi qu’on puisse aujourd’hui en penser, une forme de respect et de considération à l’endroit de ceux sans qui cette entreprise n’aurait aucun objet. Mieux, il s’agissait là du respect de la règle fondamentale en marketing qu’est celle du client-roi, digne de toutes les attentions car acheteur « souverain » et salutaire de services.

En procédant à la communication dont elle fait présentement montre, c’est-à-dire par distillation de détails techniques insusceptibles d’éclairer l’opinion sur les causes réelles de la situation infernale en cours, la SEEG sert tout simplement à ses clients des arguments nouveaux et imparables de son propre naufrage en terme d’image. Laissant ainsi planer une odeur pestilentielle du mépris que finit par susciter tout monopole en son bénéficiaire.