L’hommage du Pr. Franck Idiata à Amélie Blanche Mbougou Eyi Sima 

Dans la foulée des vives émotions exprimées par les compatriotes à la suite du décès brutal de la journaliste Amélie Blanche Mbougou Eyi Sima, le Professeur Franck Idiata, visiblement attristé lui aussi, a voulu rendre un dernier hommage à l’illustre disparue. Nous vous livrons l’intégralité de son texte, déjà distribué dans les groupes whatsapp qui rendent hommage à la journaliste.

Amélie Blanche, J’apprends, avec une vive émotion, la nouvelle de ton décès.J’aurais tant aimé que cette terrible nouvelle n’ait été qu’une Fake News de plus, comme les réseaux sociaux nous ont  tant habitués.

Je garde, de toi, le souvenir d’une journaliste passionnée et engagée et je revis cet instant de 2009, alors que les résultats étaient égrainés par le Ministre de l’Intérieur, notre Aîné Jean François NDONGOU, des résultats de l’élection présidentielle anticipée, consécutive au décès du Président Omar Bongo. Un JT de 20H absolument surréaliste, dans un contexte glacial. Il n’y avait qu’une seule caméra et un seul cameraman. Il me semble même, si ma mémoire ne me trahit pas, qu’il n’y avait qu’un seul technicien pour la gestion du JT. Tout le monde, ou presque, avait pris la poudre d’escampette.

Moi, j’étais là, pour lire le rapport de synthèse des missions d’observation en raison de ma responsabilité de président de la commission d’accueil et d’encadrement des observateurs de cette élection.

Toi, tu étais là, présente et fière d’assumer ton engagement et ta responsabilité de journaliste, témoin de son temps, face à l’histoire et pour l’histoire.
Au moment de quitter le studio, dans un silence assourdissant, alors que les résultats étaient égratignés par le Ministre de l’Interieur, tu m’avais dit « chapeau professeur pour ton courage ». Je t’ai retourné le compliment en te lançant : « chapeau frangine pour ton dévouement », avant de me planquer dans ma voiture et de demander à mon chauffeur et agent de sécurité de fortune de foncer à toute allure, jusqu’à mon domicile à Owendo. J’avais eu la conviction que toi, tu avais passé le nuit là, sur place, pour maintenir éveillée la flamme de l’info.

Mais où étaient-ils donc, ceux-ci et ceux-là ? Où étaient-ils donc ???

Je pense à toi. Je pense à SIMA EYI, ton frère de sang et mon frère que l’académie m’a gracieusement offert depuis une trentaine d’années. Je pense à ta famille, à tes amis, à tes collègues de la RTG chaîne 1 puis de Gabon Télévisions.Et puis je pleure …RIP Amélie Blanche.

Pr. Franck IDIATA