Un Superman « sexuellement ouvert » ou le règne universel de la culture du plus fort

Désormais annoncé avec retentissement par les médias occidentaux comme une révolution estimable, la bisexualité du prochain Superman souligne néanmoins un choc culturel, dans lequel se confrontent les concepts d’universalité et d’identité culturelle spécifique.

C’est connu: la culture est l’un des moyens les plus puissants pour distiller des messages, voire pour efficacement procéder à de la propagande. L’exemple du cinéma américain, premier secteur économique de ce pays devant le pétrole, l’illustre avec force.

La mondialisation en cours ne saurait donc échapper à cette réalité imposée par la dimension conquérante de l’art, dont les aspects nationalistes ont cédé depuis belle lurette la place à des atours pseudo-universalistes mais en réalité civilisationnels, au sens le plus clivant du terme.

Ainsi, par les différents biais cognitifs en jeu, Superman, personnage Ô combien universel mais au service de l’inaltérable toute puissance américaine, devient le canal d’un appel à l’adhésion spontanée à des valeurs qui, jusqu’ici, font l’objet de vifs débats que d’aucuns ont très et trop vite fini de ranger au rayon des conflits manichéens, tel dans une volonté moralisatrice et culpabilisatrice des plus forts contre les plus fragiles.

L’un des étranges marqueurs de ce grand débat est par exemple le fait d’ériger l’orientation sexuelle en élément culturel fondamental, sachant qu’en matière de culture, la différence est une richesse à prendre en compte pour que prospère la diversité si chère à la beauté artistique et culturelle.

Avec la bisexualité de Superman, il convient, au moins pour une grande partie du public africain par exemple, de s’interroger sur le ressenti et l’accueil qui en sera fait. Tout comme il y a matière à se poser la question de ce qui pourrait rester de l’universalisme consensuel de ce super-héros venu d’un autre monde. Wait and see.