Analyse : Le gouvernement pourrait-il envisager la suppression de la bourse d’études ?

Le budget des bourses d’études à l’échelle gabonaise est insoutenable en l’état actuelle des choses. Plus de 60 milliards de Francs CFA. Le Gabon est le seul pays au monde qui dépense autant pour les bourses d’études. C’est la politisation de cette allocation scolaire qui a fait exploser le budget.

Le Chef de l’Etat Ali Bongo avait déclaré que la boursed’études serait désormais attribuée à quiconque obtiendrait le baccalauréat. Hors cette déclaration politique, si elle a pu être suivie d’une certaine forme de concrétisation, a créé de la tension dans la trésorerie de l’état gabonais, d’autant que les dépenses de l’état en matière de bourses d’études ont explosé. 

60 milliards de francs CFA rien que pour les bourses d’études, c’est une dépense insoutenable si on y associe à chaque fois le budget consacré à l’éducation nationale proprement dite, qui tourne souvent aux alentours de 220 milliards de Francs CFA dans chaque Loi de finances.

L’Agence Nationale des Bourses du Gabon (ANBG), chargée d’implémenter la politique de la bourse d’études au Gabon, sait que sur le long terme, l’état ne pourra plus faire face à ses dépenses liées à l’attribution de la bourse au Gabon. Pour ne pas fâcher les étudiants et autres parents d’élèves, les critères d’éligibilité à la bourse aux Gabon sont entrain d’être modifiés sans que cela ne fasse grand bruit. 

Deux principaux critères sont mis en avant pour éliminer leplus grand nombre de boursiers :

1) L’admissibilité au baccalauréat. Tous les élèves de l’année scolaire 2020-2021, admissibles au baccalauréat n’auront pas droit à la bourse. L’ANBG qui mène cette opération sait que le gros des étudiants débarques à l’université au deuxième tour du baccalauréat.

2) Le critère d’âge. L’ANBG souhaite même dans les admis d’office, faire prévaloir un critère d’âge. Il faut obtenir son baccalauréat d’office et être dans une tranche d’âge qui part de 16, 17 à 18 ans. Au diable les plus âgés, même s’ils obtiennentle bac d’office.

Ces décisions vont à la longue ralentir le nombre d’étudiants boursiers qui arrivent à l’université. Il faudra maintenant faire face au lot d’étudiants boursiers en milliers qui sont présents dans nos universités, attendre que ceux et celles qui n’ont pas de bons résultats sortent automatiquement et donnent un coup de respiration financière à l’état.

Au niveau des étudiants, les fraudes sont nombreuses. Certains de ceux et celles qui ont obtenu le bac, s’inscrivent simplement à l’UOB pour avoir la bourse et ne daignent même pas assister au cours en amphithéâtres. Ceux-là seront aussi rattraper.

Il est bon que le gouvernement s’arme de courage et amorce publiquement sa stratégie qui consiste à dégraisser le budget consacré aux bourses d’études gabonaises pour qu’il puisse répondre à un besoin d’efficacité. Soyons réalistes, la politique actuelle en matière d’attribution de bourse est insoutenable.Ne faisons pas les réformes dans le dos de la population, assumons de les faire en faisant comprendre à tous que l’état n’a plus les moyens de distribuer des bourses à près de 30 000 étudiants gabonais.