Lettre au Patriotisme: Jo Dioumy Moubassango accuserait-il certains ?

En écoutant ou en lisant sa lettre, on a plutôt l’impression que le porte-parole du PDG Jo Dioumy Moubassango porte une accusation à l’endroit de certains de ses compatriotes, précisément de ne pas avoir l’amour du pays donc de manquer de patriotisme. Il devrait plutôt regarder autour de lui et se rendre compte que ceux et celles qui manquent de patriotisme sont plutôt de son bord politique. Nous avons donc été étonnés par sa démarche qui s’est bien gardée de nommer les gens pour ne pas s’attirer les foudres de l’opinion. Nous vous livrons en intégralité le contenu de cette lettre. A vous d’en juger.

Lettre au Patriotisme

Mon très cher,

Je me permets de vous écrire ces quelques lignes pour vousrappeler vos engagements envers la Nation gabonaise. D’abord vous vous définissez vous-même comme « l’amour de la patrie, le désir et la volonté de se dévouer, de se sacrifier pour la défendre ». J’avoue avoir été bluffé par tant de gratitude et d’élan sacrificiel. Toutefois, je me dois de vous présenter avec fidélité, la photographie alarmante qui me pousse ce jour, à vous adresser cette missive.

D’emblée, il me plait de vous dire qu’il n’y a rien de personnel dans cette démarche mais plutôt une volonté de soumettre à votre bienveillance quelques observations, reposant sur les faits clairement établis.

Je me suis interrogé sur la facilité qu’ont désormais certains de mes compatriotes, de peindre en noir la Nation gabonaise. Ils sont les premiers à monter au créneau lorsqu’il s’agit de ridiculiser les institutions, d’amplifier le négatif, à tel point que l’esprit critique et le recul intellectuel se sont finalementévaporés de leur façon d’agir. 

Mon très cher, pourtant nous nous étions promis des choses. Est-ce à votre avis une attitude patriotique de prendre à partie une institution, qui est aux yeux du monde le reflet de la bravoure et de l’honneur de notre pays ? De surcroît, le faire avec la certitude de l’absence de preuves ? je ne le pense pas.

Voyez-vous mon très cher Patriotisme, lorsque vous quittez l’esprit de certains de mes compatriotes, ne serait-ce que pour une seconde, les dégâts sont énormes. Dans l’intervalle de votre absence, ils sont malheureusement livrés à eux-mêmes, je vous en tiens donc rigueur.

Autre chose, lorsqu’on produit quotidiennement un contenu nocif à l’égard de son pays, qui peint du Gabon une image à l’opposé de la réalité, lorsqu’on confond la légitime volonté d’alternance à ce qu’il convient désormais d’appeler le Gabon-bashing, ne devriez-vous pas intervenir ? mon très cher ? Pourquoi ne pas imposer votre présence à ces compatriotes ? c’est pourtant une des clauses de notre contrat de confiance. Ma protestation est totale.

Regardez par exemple ce qui s’est passé récemment à nos frontières aériennes, une expulsion de routine dont les faits n’étaient connus de personne, à pousser nombre de mes honorables compatriotes à se fourvoyer, en se faisant l’écho d’un récit qui avait été conté à mille lieues du Gabon. Personne ne s’est souvenu que vous étiez là mon très cher, vous aviez disparu de la conscience de chacun de ceux qui ontmalheureusement exposé le pays. Est-ce une attitude responsable de votre part que de quitter ces compatriotes sur la pointe des pieds? Moi je pense que non.

Mon très cher, Ô Patriotisme si estimable, vous avez visiblement manqué à votre devoir d’habiter constamment certains de nos compatriotes. Nous nous étions pourtant parlé et nous avions convenu de modifier ensemble et substantiellement leur attitude et leur comportement.Réveillez-vous donc mon très cher et faites ce pourquoi vous êtes si cher à nos yeux. Les valeurs que vous incarnez doivent être les nôtres. L’amour du pays, le dévouement et l’esprit sacrificiel, c’est cela le Patriotisme.

Encore une fois, Je voudrais très amicalement vous demander de vous ressaisir. Saisissez-vous de votre mission, celle de vous installer durablement sur nos terres. Imposez votre loi dans les esprits de tous pour que nous puissions enfin, en toute circonstance, déclarer notre flamme à notre cher Gabon, notre patrie.

Voilà ainsi exposée, ma colère à votre égard. S’il vous reste encore un peu de courage, je vous demande, mon très cher patriotisme, de revenir dans le cœur et l’esprit de chacun de mes compatriotes gabonais.

Dans l’attente d’une suite favorable, je vous prie de croire, mon très cher, à ma considération distinguée.

Jo DIOUMY MOUBASSANGO