ENTRE LE MARTEAU MISSAMBO ET L’ENCLUME GONDJOUT, L’UNION NATIONALE EN COURS D’IMPLOSION?

Fortement clivée depuis son dernier congrès qui a occasionné le retrait officiel de son Président emblématique et co-fondateur Zacharie Myboto, l’Union nationale se rapproche un peu plus du point de non retour que va constituer la désignation de son prochain dirigeant. Un rendez-vous aux lendemains plus qu’incertains.

Comme dans une guerre de tranchées, où tous les coups semblent désormais permis, les militants de cette formation politique de l’opposition sont, quoiqu’on en dise, réduits à s’affronter à fleurets mouchetés ou même parfois avec une véhémence des plus criardes. A l’origine de cette situation, on se souvient de cette décision de Paul-Marie Gondjout de postuler à la succession du président sortant, Zacharie Myboto, par ailleurs beau-père dudit candidat.

Piqués au vif en y percevant une dévolution familiale, et donc un processus de succession biaisé et antidémocratique, une frange importante des participants audit conclave n’eurent pas de peine à s’en insurger ouvertement, tout en ayant déjà pour candidature idéale celle de Paulette Missambo, vice-présidente sortante du Parti.

Ces deux groupes, dont les positions paraissent désormais irréconciliables, résument aujourd’hui le schisme inavoué qui traverse dorénavant l’Union nationale. Le tout aggravé par des considérations ethniques tout aussi inavouées publiquement mais évoquées dans les chaumières internes.

Compagne de l’une des figures les plus importantes de ce parti inspiré par André Obame après le scrutin présidentiel de 2009, en l’occurrence Casimir Oye Mba, également vice-président sortant, Paulette Missambo aurait les faveurs des pronostics quant à l’issue de cette guerre fratricide de plus en plus heurtée, notamment grâce au supposé soutien de la communauté fang, fortement représentée. Quant à Paul-Marie Gondjout, il se dit que son positionnement dans la bataille en cours traduirait en réalité la volonté de Zacharie Myboto, mais surtout de sa fille Chantal, de garder la main sur cette formation qu’elle est soupçonnée de vouloir considérer comme un patrimoine familial!

Alors que l’épilogue de toute cette saga s’annonce comme imminente, le Congrès décisif étant prévu au cours de ce mois de septembre, la situation sanitaire actuelle du grand soutien à Missambo qu’est Oye Mba pourrait se révéler un handicap majeur pour elle. De toute évidence, tous les observateurs avisés de ce conflit à ciel ouvert expriment leur scepticisme sur la capacité de l’Union nationale à sortir indemne de cette rivalité aux allures de conflit irrémédiable, précisément à l’issue de l’élection tant attendue.