AUDIT DU PÉTROLE: QUEL BILAN 9 ANS APRÈS ?

Est-ce que l’organisation actuelle du ministère du pétrole est performante et efficace pour que le Gabon puisse atteindre ses objectifs au regard de la contribution des recettes pétrolières dans le budget de l’Etat? C’est la question que se posait chaque gabonais en 2011-2012   quand on sait l’importance stratégique du pétrole gabonais dans la bonne marche du pays.

C’est pour répondre à toutes ces questions que le gouvernement gabonais de l’époque avait initié un audit du secteur du pétrole. Il a abouti à des recommandations sur la ressource pétrolière et de l’organisation de la structure ministérielle. En auditant le ministère du pétrole proprement dit, il en était ressorti un nombre important de dysfonctionnements notamment au sein de la direction générale des hydrocarbures.

De fortes observations et recommandations avaient été formulées par le Cabinet américain Alex Stewart International parmi lesquelles:

– Les recrutements ne correspondant pas au besoin des tâches pour la simple et bonne raison que les recrutements au sein du ministère étaient faits par le canal du ministère de la fonction publique.

– Une réévaluation des postes d’encadrement notamment les postes de directeur et de chef de services.

– Le caractère pléthorique des effectifs sans nécessairement dégager une valeur ajoutée en termes de compétences. Il avait été recommandé une organisation plus efficace avec un redéploiement d’effectifs.

Les Fonds liés aux contrats d’exploitation pétrolière, notamment un fonds problématique qui semblait ne servir qu’à la formation des agents et de leurs enfants. Il avait été recommandé une meilleure utilisation de ce fonds pour l’ensemble des jeunes Gabonais qui s’intéresseraient au secteur du pétrole.

– La présence de caisses disparates dans les démembrements du ministère. L’audit a recommandé une affectation de l’ensemble des fonds vers les caisses de l’état notamment le Trésor public.

– Enfin une collaboration plus sincère entre la direction générale des hydrocarbures et la direction générale des impôts.

9 ans plus tard, il semble que ces recommandations n’aient pas été prises en compte. Les récentes arrestations il y a un an dans l’affaire BLA des cadres du secteur du pétrole montrent bien qu’il y a, à l’intérieur de l’organisation du ministère du pétrole des résistances telles que l’administration des impôts est toujours incapable de rendre effectifs les recouvrements dans ce secteur. Peut-être que certains responsables de ce ministère ont intérêt à garder la main sur ces fonds pour continuer à se servir. L’Etat devra être plus regardant.